Blason du Limier

« Une fois que je touche, il n'y a pas de retour en arrière. Je verrai tout. »

« Je vois tout ce que tu as fait… et je trouverai toutes les preuves pour t'accuser. »

JEAN-CLAUDE BELTRAM

Le Limier • L'Œil Gauche de Dieu

Inspecteur à la Criminelle, Paris 17ème

Jean-Claude inspecteur
Inspecteur à la Criminelle
Jean-Claude vision
Prisonnier de la vision
Jean-Claude touche
Main nue sur la scène
Jean-Claude souffrance
Le poids du passé
Jean-Claude cigarette
Après la vision
Jean-Claude gants
Les gants de cuir protecteurs
Jean-Claude rapport
Récit monocorde
Jean-Claude fardeau
Yeux qui ont trop vu

Qui est Jean-Claude Beltram ?

Jean-Claude Beltram, surnommé "Le Limier" ou "L'Œil Gauche de Dieu", est Inspecteur à la Criminelle, 36 rue du Bastion, Paris 17ème. La cinquantaine grisonnante, le visage marqué par des années à voir ce que personne ne devrait voir, il porte un long manteau noir et des gants de cuir qu'il garde soigneusement enfilés.

Car Jean-Claude possède un don aussi extraordinaire que maudit : il voit le passé. En touchant une scène de crime de sa main nue, il revit intégralement tous les événements qui s'y sont déroulés. Chaque détail. Chaque horreur. En temps réel. Comme s'il y était.

"Il voit le passé. Tous les événements qui se sont déroulés en touchant les choses. C'est un don... et une malédiction. Son problème n'est pas de trouver le coupable, car il voit toute la scène."

Ses yeux sont ceux d'un homme qui a trop vu, trop ressenti. Ses doigts — longs, fins, presque féminins — tremblent légèrement quand il retire ses gants. Car il sait ce qui l'attend. Il sait que chaque vision restera gravée en lui pour toujours, jusqu'à sa mort. Sans possibilité d'effacement. Sans possibilité d'oubli.

"Une fois que je touche, il n'y a pas de retour en arrière. Je verrai tout. Et cette scène sera gravée en moi pour toujours. Chaque détail. Chaque horreur. Jusqu'à ma mort."

Quand Marcus l'appelle pour une "priorité absolue" — code qu'il n'a pas entendu depuis quinze ans — Jean-Claude est extrait de Paris en quinze minutes, mis dans un avion privé, et livré sur la scène de crime à Nancy en moins de deux heures. Car quand le Corpus Kassotis dit "priorité absolue", Jean-Claude sait que l'horreur qui l'attend sera exceptionnelle.

Sur le Parc Sainte-Marie, face aux quarante corps d'enfants disposés en symbole, au chien et au cochon égorgés, à la masse noire pulsante, Jean-Claude s'agenouille et pose sa main nue sur le sol gelé où le sang a formé une croûte sombre.

Pendant trois secondes, rien ne se passe.

Puis son corps se fige complètement, comme pétrifié. Sa respiration devient saccadée, rauque, comme s'il suffoque. Des spasmes parcourent son corps, ses doigts se crispent dans la terre. Ses paupières closes tremblent, ses lèvres bougent sans émettre de son, comme s'il murmure à des fantômes invisibles.

Quinze minutes. Quinze minutes prisonnier de la vision, revivant le rituel dans ses moindres détails. Les neuf personnes en robes noires. L'homme en blanc avec capuche dorée. Les quarante enfants — certains morts, d'autres drogués, incapables de crier. La femme traçant le symbole avec de l'os broyé. L'incantation en sumérien. Les mutilations. Les cœurs arrachés par en bas. Le sang mélangé au lait maternel.

Quand Jean-Claude rouvre enfin les yeux, il titube en arrière. Marcus le rattrape. Le Limier a le visage blême, couvert de sueur froide. Il vomit sur le côté, se vide l'estomac jusqu'à n'avoir plus que de la bile.

"Bordel de Dieu, Marcus."

Il s'assoit lourdement, allume une cigarette avec des mains tremblantes, et commence son rapport d'une voix monocorde. Date précise : 29 décembre, entre 23h45 et 2h30. Neuf personnes. Description détaillée de chacune. Il a vu leurs visages — tous sauf celui de l'homme en blanc qui portait un masque. Il pourrait les identifier sans problème.

Il décrit chaque étape du rituel avec une précision chirurgicale. L'artefact noir planté dans le sol. La verrue organique qui palpite. Les créatures qui tentent de sortir : strigoïs, ganipotes, krampus, femmes décharnées à un œil, oni géants, un homme couvert de plaies en peau de loup, des stryges, des topielces dans l'eau.

Et puis il y avait cet observateur en retrait. Un homme grand, très musclé, barbe hirsute, costume trois-pièces impeccable. Qui regardait avec satisfaction. Qui félicita l'homme en blanc. Qui rit — un rire particulier, profond, comme un grondement, le genre de rire qui glace le sang.

Jean-Claude entendit le nom dans la vision. "Le Parjure." Et l'autre nom, prononcé par l'homme en blanc avec respect : "Kastios."

Mais la vision ne s'arrête pas quand Jean-Claude retire sa main. Elle continue de le hanter. "Après ce que je viens de voir, j'ai besoin de rester éveillé. Je ne veux pas fermer les yeux. Pas tout de suite. Sinon je vais revoir tout ça en boucle."

Car c'est le prix du don de Jean-Claude. Il ne peut pas oublier. Il ne peut pas effacer. Chaque scène qu'il touche s'ajoute à la collection dans sa tête. Quinze ans de crimes, de meurtres, d'horreurs. Tout stocké. Tout présent. À jamais.

Ses gants de cuir ne sont pas une affectation de style. Ils sont une barrière de survie. Sans eux, chaque poignée de porte, chaque objet touché déclencherait une vision. Il verrait constamment le passé de tout ce qu'il effleure. Une existence impossible.

"Ça fait quinze ans que je n'ai pas entendu ça", dit-il quand on mentionne "priorité absolue". Quinze ans qu'il sert le Corpus Kassotis dans l'ombre, utilisant son don maudit pour révéler les vérités que nul enquêteur normal ne pourrait découvrir. Quinze ans à accumuler les horreurs, à porter le fardeau de voir ce que les monstres — humains et créatures — font quand personne ne regarde.

Jean-Claude n'est pas un Vénator. Il n'a pas de sang divin. Il ne combat pas les créatures. Mais son don le rend aussi précieux que n'importe quel guerrier. Car là où Marcus tranche, où Frigga danse, où Nyx disparaît dans les ombres, Jean-Claude révèle la vérité. Absolue. Totale. Impossible à contester.

"Je vois tout ce que tu as fait… et je trouverai toutes les preuves pour t'accuser."

Au cimetière, lors des funérailles de Marcus, Jean-Claude Beltram se tenait droit, en uniforme. Le Limier était là, aux côtés de Sebastian Marazzo et Heinrich Adler. Trois hommes qui ne sont pas des guerriers, mais qui servent la cause des Vénators avec leurs dons uniques.

L'Œil Gauche de Dieu. L'homme qui voit le passé et ne peut jamais oublier. Le détective maudit qui porte dans ses yeux grisonnants toutes les horreurs qu'il a touchées, toutes les vérités qu'il a révélées, et qui continuera jusqu'à sa mort — car son don ne s'éteint jamais.

Et quelque part dans sa tête, gravées à jamais, vivent quarante enfants morts, un rituel maudit, et le rire du Parjure résonnant dans la nuit.